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Rencontre : Niry Ramaromandray, Coordinatrice nationale Santé Sud - Madagascar

juillet 2019

Niry Ramaromandray, Coordinatrice nationale à Santé Sud Madagascar, nous livre son parcours, son métier et les valeurs qui la guident au quotidien.

niry ramaromandray-f456.jpgPouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel en quelques mots ?

« Après des études de médecine à Madagascar, j’ai répondu en 2005 à une annonce de Santé Sud pour être médecin généraliste communautaire en zone rurale. En effet, Santé Sud installe dans les zones isolées des jeunes médecins généralistes qui exercent en libéral. Le but est de développer l’offre de soins dans les zones rurales où elle est inexistante alors que la majorité de la population y réside. Plus globalement, la mission principale de Santé Sud est de renforcer le système de santé du pays et plus particulièrement les soins de première ligne. Après avoir exercé pendant plusieurs années en tant que médecin généraliste communautaire, j’ai été recrutée en 2011 en tant que salariée de Santé Sud. Ma mission consistait à préparer l’installation des médecins communautaires en zone rurale, sur les 4 régions d’Antananarivo, la capitale. Je suis ensuite devenue chargée de projets relatifs à la médicalisation des zones rurales au niveau des zones d’intervention de Santé Sud. Enfin, je suis devenue coordinatrice nationale de Santé Sud, en août 2017 ».

En quoi consiste votre métier aujourd’hui ?

« En tant que coordinatrice nationale, je gère une équipe de 4 personnes à Madagascar. Je suis responsable de l’orientation générale de Santé Sud dans ce pays. En lien avec le siège de l’association, je discute des axes prioritaires à travailler, pour que nos actions soient adaptées aux évolutions du contexte sanitaire du pays. Les activités de l’association doivent s’inscrire dans la dynamique nationale, autour de la santé ou de sujets plus transversaux. La médicalisation des zones rurales n’est plus le seul axe de nos activités : nous développons de multiples projets dans le champ de la santé principalement, tout en explorant les thématiques autres pour lesquelles Santé Sud dispose d’une expertise (la santé maternelle et infantile, le genre, l’enfance, …). Nous travaillons notamment sur des projets d’appui ou de renforcement du système de santé publique, en lien avec le Ministère de la santé. Par exemple, nous avançons sur la mise en place d’un projet d’amélioration de la prise en charge médicale de la tuberculose ou sur la formation et l’accompagnement à la préparation initiale des médecins du service public, nouvellement recrutés ».

Quelles sont pour vous les valeurs les plus importantes dans votre métier ?

« La capacité d’adaptation est primordiale : il ne faut pas vouloir imposer ses idées à tout prix ou refuser d’en changer. Il faut savoir être à l’écoute. Être convaincue soi-même des valeurs portées par Santé Sud - Agir sans remplacer - et qui irriguent nos projets. Cette conviction doit s’accompagner d’une vraie volonté de progresser ».

Quelle est votre journée type ?

« En ce moment, au quotidien, j’organise les réunions d’équipe pour définir les priorités de chacun et contribuer à une dynamique de groupe. J’assure à la fois le suivi des projets en cours et la conception des projets à venir, et la coordination de tous les acteurs qui y participent. J’assure les différentes interactions entre les parties prenantes (directions étatiques, équipes techniques, financeurs, cibles potentielles ou désignées du projet) et je gère les relations avec les partenaires. Je suis et valide également les différents documents budgétaires et la préparation administrative des projets. En tant que coordinatrice, je dois être en permanence à l’écoute des partenaires et savoir anticiper les aléas ».

Avez-vous un souvenir dans l’exercice de votre métier qui vous a particulièrement marqué ?

« Quand j’étais médecin généraliste communautaire, c’est l’interaction avec les patients qui m’a le plus marquée. En zone rurale, la communication avec les personnes est la clé de tout, pas les diplômes. Dans mon métier actuel, c’est la dynamique de groupe qui me marque : dans chaque action, c’est ce qu’on fait ensemble qui prime ».

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